Abribus : mobilier urbain ou support publicitaire ?

Publié le par Sylvie Beaumanoir, Conseillère Municipale

Abribus : mobilier urbain ou support publicitaire ?
Solidaire de l’économie locale ou pas ?


Lors du conseil municipal de novembre 2008, l’ordre du jour prévoyait que nous votions pour ou contre la demande de subvention au Conseil Général pour financer la création de deux nouveaux abribus rue de Montfort, secteur récemment réaménagé, en lien avec les nouveaux lotissements de la La Motte Jubin, La Ville Geffroy, La Lande et routes de Montfort/Breteil. Ces deux nouveaux abribus permettraient à des collégiens et lycéens de prendre le car scolaire, dans leur quartier, et donc de diminuer l’affluence à l’arrêt de l’Eglise. Là-dessus, il n’y a aucun problème et même plutôt une adhésion enthousiaste au projet.

 

Mais, trois modèles d’abribus en acier, et verre securit pour certains, ont été présentés, avec des prix allant de 3000 € à 5000 € ! Je me trompe peut-être et saurai l’admettre, mais ces prix me semblent très élevés ! De plus, cette zone a été nouvellement aménagée dans un style très « nature », minéral et végétal, autour du Chauchix, de la Motte Jubin et de la nécropole. Les abribus proposés me semblaient esthétiquement mal choisis.

 

Il n’y a pas de contrainte réglementaire sur les abribus, ni de condition d’obtention de subvention par le Conseil Général. Il faut juste intégrer les surcharges climatiques dans la conception de l’abribus pour qu’il résiste aux vents et aux chutes de neige. De plus, il me semblerait judicieux de prévoir des côtés ajourés ou transparents pour la sécurité routière. Mais le verre securit coûte 300 €/et je pense qu’il y a des alternatives moins chères et mieux adaptées.

 

J’ai proposé de demander un devis pour des abribus les plus simples possible, en bois, en sollicitant tous les artisans de Bédée compétents, comme les charpentiers et installateurs de véranda.

 

Un premier sondage auprès des artisans de Bédée m’a permis de penser que le coût par abri pourrait être diminué à 2000 €, soit 1000 € à 3000 € d’économie par abribus. Ceci pourrait permettre d’acheter au moins 2000 € de livres pour la bibliothèque, ou de jeux pour le cyberespace ! Encore une fois, je me trompe peut-être, mais j’avais besoin de plus d’informations pour voter.

 

En outre, je souhaiterais que nous soyons associés ou au moins informés du projet, plus large, d’étude du réseau d’abribus et projet d’amélioration, pour tous les arrêts de bus, scolaires ou pas. Je ne serais pas étonnée que les zones rurales soient particulièrement défavorisées sur ce point et que l’attente du bus s’avère risquée. Nous avons déjà mentionné lors d’un Conseil Municipal l’arrêt du bus totalement virtuel à Tournebride, sur un bas-côté peu confortable, le long d’une route, non éclairée, très passante et où nous roulons très vite. La réflexion pourrait être plus globale et développée avec un ou des artisans Bédéens dés maintenant.

 

Madame Le Maire Annie Davy a décidé d’ajourner ce point et de le reporter au prochain conseil municipal. Et, ce sujet n’a pas du tout été mentionné dans le compte-rendu conseil municipal de novembre, paru dans le Flash de décembre.

 

Nous espérions que nos propositions auraient été entendues et suivies d’effets. Et bien, au conseil municipal de décembre, à l’ordre du jour, de nouveau « vote pour une demande de subvention au Conseil général ». Et, ô surprise, ce point de l’ordre du jour est transformé, en cours de séance en « Convention avec la société publicitaire APIC ». APIC est une société de distribution de supports publicitaires. La mairie de Bédée a déjà une convention avec cette société, sur douze ans, qui fournit et installe les abribus, en assure la maintenance, et ce, gratuitement. Enfin, pas tout à fait, car en contrepartie, cette société publicitaire utilise l’abribus comme support à sa guise.

 

Pour moi, tout ça montre un défaut de réflexion globale, d’anticipation, et d’écoute des élus puisque je me suis exprimée. Et ce choix de financement des abribus n’a aucun sens : un abribus est fait pour abriter des enfants et des adolescents, et non pas pour faire de la publicité. Le choix d’un artisan de la commune aurait participé au développement économique de Bédée. L’artisan de Bédée choisi aurait ainsi participé à la vie municipale. Cette démarche aurait été beaucoup plus solidaire, pérenne et cohérente.
Sylvie Beaumanoir, Conseillère Municipale

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Publié dans Vie municipale

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