Café conférence "Manger autrement" : ce qui s'est dit
CAFE CONFERENCE du 13 FEVRIER 2009
‘MANGER AUTREMENT, MIEUX, MOINS CHER ?’
Ce café conférence, proposé par l’association Le Chantier, a accueilli environ soixante-dix personnes autour de gâteaux et de boissons. Les deux intervenants, Bernadette LOISEL, de la chambre d’agriculture chargée de mission des filières courtes et des nouveaux marchés en Bretagne, et Gilles MARECHAL, coordinateur au Centre d’Initiative pour Valoriser l’Agriculture en Milieu rural (FR CIVAM), ont tour à tour présenté les habitudes de consommation de produits fermiers en Bretagne, et l’origine des circuits courts de production et de distribution.
L’origine de cette soirée se trouve dans un premier questionnement : pourquoi sommes-nous de plus en plus nombreux à souhaiter consommer en circuits courts ?
- pour retrouver les gestes connus dans l’enfance (jardins familiaux, production domestique) ?
- pour soutenir le commerce local et maintenir une répartition de l’activité sur le territoire ?
- pour connaître et s’approprier son environnement ?
Bernadette LOISEL a présenté en images une enquête sur la consommation des produits fermiers. L’enquête, réalisée sur les lieux d’achats des consommateurs de Bretagne révèle que l’achat de produits fermiers est assez fréquent (hebdomadaire pour 40% de la population interrogée) et que ce type d’achat ne résulte pas d’une occasion particulière. Les produits fermiers les plus prisés sont les volailles, les produits laitiers et les légumes.
Dans le pays de Brocéliande, malheureusement, contrairement au pays de Rennes, le nombre de producteurs est assez faible.
Les produits fermiers sont achetés sur les marchés, en vente directe auprès des producteurs, ou en grande surface.
Quant à la catégorie socioprofessionnelle des consommateurs, même si les cadres et professions libérales représentent une proportion un peu plus élevée, la différence n’est cependant pas très importante : tout le monde consomme donc des produits fermiers.
A contrario, les non consommateurs de produits fermiers, avancent comme explication, la non disponibilité des produits, l’absence de communication quant aux lieux d’achat, ou encore l’autoconsommation de ces produits (potager familial).
Les achats de produits fermiers présentent une hausse de 31% depuis la dernière enquête en 1994. On constate également une modification des lieux d’achats : les marchés, les achats directs à des producteurs ou l’achat en épiceries sont plus fréquents, au détriment des tournées ou des achats à la ferme. Le consommateur s’oriente vers une offre de proximité, regroupant des produits diversifiés.
Bernadette LOISEL propose quelques pistes pour développer les circuits courts :
Offrir des lieux d’achats groupés :
Regrouper l’offre des produits fermiers
Commandes de paniers
Marché des producteurs
Dépôt-vente à la ferme
Proposer des produits fermiers locaux sur les lieux d’achats habituels :
Sur les marchés (en identifiant les producteurs et les revendeurs)
En multi-services de proximité
En grandes surfaces
Améliorer la communication :
Internet
Recensement des producteurs sur un secteur déterminé
Développer les petites filières organisées :
Viandes de Redon
Poulets de Rennes
L’intervention de Gilles Maréchal a mis en avant les différentes cultures et habitudes alimentaires selon les pays, lesquelles cependant aboutissent toutes à une même recherche dans la maîtrise de son alimentation.
Si les Latins associent le « manger » à la convivialité, au plaisir, les Anglo-Saxons en attendent davantage des bienfaits de santé et de bien-être physique. Dans l’un ou l’autre cas, chacun recherche une alimentation de bon goût, et sûre au niveau sanitaire.
Les circuits courts, et en particulier les AMAP, trouvent leur origine au Japon, dans les années 1960. Il s’agissait alors, après quelques crises sanitaires, de permettre une traçabilité des produits alimentaires, mais aussi de conserver un lien entre le monde paysan – producteur – et le monde citadin – consommateur, de permettre un dialogue entre la ville et la campagne. Les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), sont présentes à peu près sur tous les continents, malgré les différences de cultures. Cette attention portée aux circuits courts résulte d’une inquiétude face aux politiques agricoles et aux crises sanitaires, et d’une évolution de notre alimentation. Il est à noter également une augmentation des achats de semences par des personnes souhaitant travailler elles-mêmes leur potager.
En rappelant la part du budget familial consacré à l’alimentation (passé de 25% en 1970, à 15% aujourd’hui), qui ne cesse de baisser au profit des loisirs, des télécommunications, etc., Gilles Maréchal estime qu’on a favorisé une recherche de productivité pour permettre des prix à la consommation plus bas.
C’est donc pour remettre au premier plan le bien-être, la santé, l’aspect sanitaire, social et environnemental de l’alimentation, que de plus en plus de monde se dirige vers les circuits courts. On assiste donc à une modification des habitudes de ventes : des horaires de soirée, non plus en journée, pour permettre à chacun de faire ses achats, des magasins collectifs, qui permettent d’offrir une variété de produits sur un même lieu de vente.
Gilles Maréchal termine sur les différentes formes d’engagements que revêtent certains modes de consommation :
Le marché offrira de la convivialité et des achats locaux le plus souvent, les AMAP ou autres groupements d’achats sont le résultat d’un engagement des ‘consom’acteurs’ qui veulent développer les liens territoriaux, les liens entre les producteurs et les consommateurs, favoriser l’agriculture locale, et limiter leur impact environnemental.
L’alimentation, conclut-il, reflète notre rapport aux autres et à la planète.
Les acteurs des circuits-courts (AMAP, GIE, groupements d’achats, producteurs locaux) ont ensuite présenté leurs différentes structures et leur mode de fonctionnement avant de dialoguer avec la salle.
Ces modes de production et de distribution de proximité sont adoptés par des agriculteurs souhaitant trouver un épanouissement dans leur activité, en lien avec les consommateurs. A titre d’exemple, Monsieur Piel, éleveur de porcs dans le cadre du GIE de Saint-Gilles, indique être passé de l’élevage de 163 truies avec 2 employés à 40 truies avec 7 employés. Ce circuit court est donc également créateur d’emplois (250 emplois permanents sur le bassin rennais).
La mise en place de ces circuits courts résulte d’une réflexion plus globale sur son propre rapport à l’alimentation, à la santé, à l’agriculture et à la société.
Si les consommateurs sont une force pour permettre le développement de ce type de consommation, respectueuse de l’homme et de l’environnement, les politiques doivent également jouer la carte de la diversité, pour soutenir les installations de producteurs bios par exemple, et leur faciliter l’accès à la terre.
Pour l’instant, l’offre de produits locaux, bios, ne peut répondre à la forte demande.
Cette soirée a permis de faire un tour d’horizon des différents types de circuits courts. La présence de plusieurs familles motivées par ce projet à Bédée incite Le Chantier à poursuivre sa réflexion. Toute personne intéressée est invitée à prendre contact avec l'association.
Une réunion de travail sera programmée prochainement pour lancer des paniers ou autre mode de circuits courts sur la commune de Bédée.
Vous souhaitez être informé de la prochaine réunion sur les circuits courts, faire part de vos souhaits et de vos questions ?
Ecrivez à lechantierbedee@orange.fr ou téléphonez à
Soazig Leseignoux 02 99 06 13 35 ou à Sylvie Poizat 02 23 43 59 36.
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